J’ai honte de mon Blackberry

lundi 12 novembre 2012

 

Il est loin le temps où les possesseurs d'un Blackberry faisaient partie d'un petit club fermé, échangeant en privé sur leur service de messagerie instantanée "BBM". Ils avaient accès à leurs mails sur leur mobile. Ils avaient une image très "corporate" d'hommes et de femmes pressés. Lundi, le New York Times interrogeait des possesseurs de ce téléphone portable, qui reste un objet de luxe et maintient un certain statut social, mais qui n'est plus depuis longtemps à la pointe de la mode. Ils disent en avoir "honte".
Une Mme Crosby, commerciale à Los Angeles, dit avoir cessé de sortir son téléphone Blackberry en public lorsqu'elle se rend dans une soirée cocktail ou à une conférence. Elle le cache sous son iPad en rendez-vous d'affaires, de peur que ses clients ne voient l'objet et "ne la jugent".
Victoria Gossage, 28 ans, responsable marketing dans un fonds spéculatif, déclare s'être sentie humiliée récemment, face au concierge d'un "country club" de l'Etat de New York. Lui demandant si le club pouvait lui prêter un chargeur, l'homme avait répondu "'bien sûr'. Puis il a vu mon téléphone et il m'a dit, sur un ton dégouté : 'Oh non, non, pas pour ça'".
Le fabriquant du Blackberry, Research in Motion (RIM), dégage encore de belles marges en Inde ou en Indonésie, mais aux Etats-Unis, la chute est vertigineuse. Il détient moins de 5 % du marché des smartphones, contre 50 % il y a seulement trois ans. Entre juin et août 2012, RIM a réalisé un chiffre d'affaires de 2,8 milliards de dollars, en baisse de 31 % par rapport à la même période de l'an dernier. Ces résultats, annoncés jeudi dernier, sont moins sombres que prévu : le trimestre précédent, la baisse était de 43 %. Le nouveau système d'exploitation de l'appareil, le Blackberry 10, doit sortir au premier trimestre 2013.
Ainsi, l'une des premières mesures prises par Marissa Mayer lorsqu'elle est arrivée à la tête de la firme Yahoo!, avec pour mission de moderniser son image, a été de remplacer les BlackBerry des employés par des iPhones et téléphones fonctionnant sous Android. "Les BlackBerry s'attardent à Washington, Wall Street et dans les métiers du droit, mais dans la Silicon Valley ils sont aussi rares que les cravates", écrit le New York Times.
Depuis plusieurs années, certaines compagnies n'autorisent leurs employés à utiliser que des smartphones BlackBerry, jugés plus faciles à sécuriser et moins propices à une utilisation de loisir. Mais l'an dernier, selon le quotidien américain, certaines firmes importantes, comme la banque Goldman Sachs, ont fini par se rendre aux demandes de leurs employés qui demandaient un autre système. La Maison Blanche elle-même a récemment autorisé l'utilisation d'iPhones.
Source: Blog Le Monde 16

 
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